Xbox vient de voler Physint à PlayStation, et Sony a publié un communiqué corporate mesuré. Après trois mois de négociations, Hideo Kojima a choisi Microsoft pour son « successeur spirituel de Metal Gear Solid » – un projet que Sony a annulé en juin. La raison ? Un budget en passe de déraper, des délais explosés, et des ventes de Death Stranding 2 qui n’ont pas répondu aux attentes financières de Sony. Bienvenue en 2026 : même les icônes du jeu vidéo deviennent des pions dans une guerre d’éditeurs sans pitié.
Kojima Productions a officialisé le transfert le 10 septembre, confirmant que PlayStation Studios avait annoncé l’annulation de Physint « de manière inattendue » mi-juin. Trois mois de tractations plus tard, Xbox Game Studios a signé pour publier le jeu, mais aussi pour étendre le partenariat à des projets cinéma et séries. Une aubaine pour Asha Sharma, la nouvelle patronne de Xbox, qui mise sur Kojima pour redorer l’image d’une marque encore marquée par les licenciements massifs et l’échec cuisant de Marathon. « Les créateurs ont le choix », a-t-elle déclaré, façon polie de dire : « On vous paie mieux, et on ne vous lâche pas en cours de route. »
Côté PlayStation, le communiqué est un modèle de langue de bois corporate. « Après mûre réflexion », Sony s’est « retiré » de Physint, tout en réaffirmant son « admiration » pour Kojima. Traduction : le studio a raté ses objectifs financiers, et Sony ne veut plus financer un jeu qui coûtera des centaines de millions pour un retour incertain. Selon Bloomberg, Death Stranding 2 n’a écoulé que 2,5 millions d’exemplaires (contre 5 millions pour le premier opus), et Physint accumulait déjà des retards, avec un budget en passe de déraper. Ajoutez à cela la réorientation de Sony vers les exclusivités console et l’abandon de la publication PC pour ses jeux solo, et le calcul est simple : pourquoi investir dans un jeu qui finira de toute façon sur Xbox et Steam ?
Le timing est particulièrement cruel pour Sony. Alors que la marque essuie les critiques des joueurs pour son abandon des disques physiques d’ici 2028 et la hausse des prix des consoles, perdre Kojima – un nom associé à PlayStation depuis Metal Gear Solid en 1998 – est un coup dur. Physint devait être une vitrine technologique, mélangeant jeu et cinéma avec des acteurs comme Charlee Fraser (Furiosa: A Mad Max Saga) et Don Lee (Train to Busan). Annoncé en 2024 comme un « jeu d’espionnage next-gen », il devait utiliser le moteur Decima (propriété de Sony via Guerrilla Games), mais ce détail technique pourrait bien sauter avec le changement d’éditeur.
Pour Xbox, c’est une victoire symbolique. Après les turbulences récentes, récupérer Kojima est une façon de montrer que la plateforme reste un acteur majeur. Reste à savoir si Physint tiendra ses promesses : Kojima a indiqué en 2025 que le jeu était « à cinq ou six ans » de sa sortie. En attendant, les fans peuvent se rabattre sur OD, l’autre projet Kojima-Xbox. Et se demander si Sony n’a pas commis une erreur stratégique… ou si Physint n’était tout simplement plus viable.
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