Le studio derrière Samson a mis la clé sous la porte. Liquid Swords, fondé par un vétéran de Just Cause, laisse 30 employés sur le carreau et un RPG d’action buggé en guise d’héritage. Un échec cuisant qui rappelle que même un pedigree solide ne suffit plus à sauver un jeu mal né.
Liquid Swords a été déclaré en faillite le 12 octobre par le tribunal de Stockholm. Deux mois sans salaire ont poussé les équipes à forcer la procédure, comme le rapportent Breakit (via Rock Paper Shotgun et PCGamer). L’État suédois couvrira les salaires impayés, mais le temps presse : Cirio Law, l’administrateur judiciaire, doit vendre les actifs du studio – dont Samson – avant le 21 octobre. Une course contre la montre pour éviter la liquidation totale.
Fondé en 2020 par Christofer Sundberg, cofondateur d’Avalanche Studios et père de Just Cause, Liquid Swords avait tout pour réussir. Pourtant, son unique jeu, Samson, a viré au cauchemar. Après cinq refus d’éditeurs et une crise de financement en 2025, le studio a licencié la moitié de son équipe et réduit ses ambitions. Le résultat ? Un RPG d’action sorti en avril 2026, critiqué pour ses bugs, ses comparaisons désavantageuses avec GTA et une mécanique de « runs » qui a laissé les joueurs de marbre.
Rock Paper Shotgun pointait du doigt un paradoxe cruel : les bugs gâchaient l’un des rares points forts du jeu, une pression constante liée à une dette à rembourser, censée dynamiser les missions. Sundberg a tenté de sauver les meubles avec des correctifs, dont un dernier patch le 8 octobre. Trop peu, trop tard. PCGamer confirme que les ventes n’ont jamais décollé, et les mises à jour n’ont pas relancé l’intérêt. Même la sortie sur consoles en septembre n’a pas suffi à inverser la tendance.
Dans une déclaration post-lancement, Sundberg a reconnu des « défauts » sans en préciser l’origine, se contentant de saluer « l’effort » de son équipe. Un effort qui n’a pas empêché la faillite de Liquid Swords, ni les 30 licenciements qui l’accompagnent.
Cette faillite pose une question cruciale : jusqu’où un studio peut-il aller pour sauver un jeu ? Licenciements en cours de production, correctifs désespérés, dettes accumulées… Samson incarne les risques d’un modèle où la passion l’emporte sur la viabilité économique. Pour les employés, l’avenir est incertain. Quant au jeu, son sort dépendra d’un éventuel repreneur – ou d’une place dans les manuels de game design, comme avertissement.


































