GTA 6 sort dans deux mois, et Rockstar se retrouve au tribunal pour avoir viré 34 employés en pleine production. Un coup dur pour le studio, mais aussi un symbole : ces ex-développeurs, regroupés sous le slogan « Grand Theft Employment Rights », racontent trois ans de combat juridique et de rêves brisés pour un jeu qu’ils ne verront jamais sortir.
Le procès des licenciements Rockstar GTA 6 s’ouvre ce jeudi 10 septembre au Glasgow Tribunals Centre. L’audience finale, prévue jusqu’au 15 octobre au minimum, oppose 31 anciens employés de Rockstar North à leur ex-employeur. Licenciés en octobre dernier pour « faute grave », ils accusent le studio d’avoir orchestré un licenciement collectif illégal et une « blacklist » syndicale. Leur allié ? Le syndicat IWGB, qui porte leur voix depuis le début et organise un rassemblement devant le tribunal dès 8h30 le premier jour.
Rockstar a tenté d’étouffer l’affaire en début d’année, sans succès. Le tribunal a maintenu les chefs d’accusation, dont celui de discrimination anti-syndicale. Une première victoire pour les ex-développeurs, mais le combat est loin d’être terminé.
Les versions s’affrontent sur les raisons des licenciements. Rockstar affirme que les employés ont violé des accords de confidentialité en discutant de l’entreprise sur un serveur Discord privé de l’IWGB. Les intéressés, cités par People Make Games, rétorquent qu’ils échangeaient simplement sur leurs salaires et leurs conditions de travail – un droit élémentaire, selon eux.
« Aucun d’entre nous n’imaginait que parler de nos conditions de travail allait tout faire basculer », confie Jason Lewis, ex-développeur et membre du syndicat. « On a perdu nos jobs, nos revenus, notre communauté, et la chance de voir aboutir un jeu qu’on a aidé à construire pendant des années. »
Le timing est explosif pour Rockstar. À deux mois de la sortie de GTA 6, le studio doit justifier devant un tribunal pourquoi il a écarté 31 personnes clés de son équipe. Des développeurs qui, selon leurs dires, ont consacré des années à peaufiner le jeu. Les enjeux dépassent le cadre juridique : c’est la réputation de Rockstar qui est en jeu, alors que l’industrie scrute ses pratiques managériales.
Le verdict, attendu après le 15 octobre, pourrait faire jurisprudence. Pour l’IWGB, l’objectif est clair : obtenir soit la réintégration des employés, soit des compensations, ainsi qu’une reconnaissance officielle de l’illégalité des licenciements. Une victoire symbolique, mais aussi un signal fort pour tous les studios tentés de museler leurs salariés.
En attendant, les ex-développeurs de GTA 6 continuent de se battre. Non plus pour un jeu, mais pour leur dignité. Et pour que leur histoire serve d’avertissement à une industrie qui a trop longtemps fermé les yeux.
