Rockstar vient de lâcher une bombe sur la communauté modding. À deux mois de la sortie console de GTA 6, le studio new-yorkais verrouille tout : plus de mods narratifs, plus de serveurs RP monétisés, plus de ports sauvages. Les moddeurs, qui ont façonné l’univers GTA pendant des années, vont devoir se plier aux règles – ou affronter les foudres juridiques de Take-Two. Un virage aussi brutal que celui de Nintendo, mais avec un enjeu bien plus juteux : l’écosystème GTA, devenu une machine à cash… et à subversion.
Rockstar a publié ses nouvelles directives le 10 septembre, et le message est clair : fini les libertés. Les expansions non officielles, les mélanges d’IP entre jeux (Red Dead Redemption 2 Mexico dans GTA V, par exemple) et les ports vers des plateformes non supportées sont désormais interdits. La firme cible aussi les performances vocales, une clause qui vise directement des projets comme le Liberty City Preservation Project – une recréation de GTA IV dans GTA V, déjà censurée en 2025. Officiellement, Rockstar veut « préserver l’intégrité de ses univers ». Officieusement, le timing parle de lui-même : à quelques semaines de GTA 6, le studio prépare un contrôle total, surtout sur PC, où les mods pourraient débarquer dès 2027.
Le coup le plus dur ? La monétisation. Rockstar interdit désormais les serveurs RP où les joueurs gagnent de l’argent réel – une pratique popularisée par des streamers comme Adin Ross, qui a promis un GTA 6 où les joueurs pourraient générer des revenus réels. Plus de cryptomonnaies, plus de loot boxes payantes, plus d’échanges de devises virtuelles contre des euros. Tout doit passer par la Creator Platform officielle, sous peine de poursuites. Une décision qui enterre les rêves de certains influenceurs, mais qui vise surtout à éviter les dérives observées sur GTA Online. « On ne veut pas d’un Second Life dans GTA 6 », résume un porte-parole de la firme. Une position cohérente avec l’acquisition de FiveM par Rockstar, mais qui marque un recul net sur la liberté créative.
Les réactions ? Un mélange de colère et de résignation. Sur Twitter, un utilisateur lâche : « Rockstar a choisi le camp de Nintendo : plus de fun, juste des règles. » D’autres pointent l’hypocrisie d’un studio qui a profité de l’engouement pour les mods RP (FiveM comptait plus de 200 000 joueurs simultanés en mars dernier) avant de tout verrouiller. Pourtant, certaines restrictions restent logiques : pas de harcèlement, pas de pornographie, pas d’utilisation de marques tierces sans autorisation. Le problème, c’est que ces garde-fous s’accompagnent d’une liste d’interdictions si large qu’elle pourrait étouffer l’innovation. « On ne verra plus jamais des mods aussi fous que sur GTA V », déplore un moddeur sur ResetEra, évoquant des projets comme le Liberty City Preservation Project – un travail de titan, aujourd’hui interdit.
Reste une question : comment ces règles s’appliqueront-elles à GTA 6, dont la version PC n’est pas attendue avant 2027 ? Rockstar joue la prudence, mais son message est sans équivoque : la modding community devra se contenter de cosmétiques et de tweaks mineurs. Une approche qui pourrait freiner l’engouement autour du jeu, surtout après le succès de GTA V sur PC, où les mods ont largement contribué à sa longévité. En attendant, les fans peuvent toujours se consoler avec les dernières infos sur Grand Theft Auto VI, où Rockstar continue de distiller des détails sur son « plus grand jeu de l’histoire »… sous son contrôle exclusif.






