Shogun 2 Complete Edition retirée des stores : Creative Assembly assume, sans nommer le développeur externe. Le studio promet une enquête sur les assets en cause.
La Complete Edition de Total War: Shogun 2 a été retirée des plateformes la semaine dernière, quarante-huit heures à peine après sa sortie. Motif : l’usage d’IA générative dans le jeu, qui a suscité une vive inquiétude dans la communauté. Le jeu original était pourtant un monument du genre – et cette version « améliorée » risque bien de rester dans les annales… pour les mauvaises raisons.
Creative Assembly a réagi via un message posté sur le subreddit Total War. Roger Collum, vice-président de la franchise Total War, y assume une partie des responsabilités : « Shogun 2 – Complete Edition n’a pas été développé par Creative Assembly », écrit-il. Il ne nomme pas le développeur externe concerné. Mataboo Games, studio basé à Varsovie, est toutefois listé comme co-développeur sur la page Steam du jeu.
Mataboo propose un support de développement « end-to-end », incluant design, création de contenu, gameplay, programmation, correction de bugs, portage et optimisation. Collum reconnaît que le projet « n’a pas été soumis aux mêmes revues internes et contrôles qualité » que les productions maison. « Nous avons détourné le regard, avec toutes nos équipes concentrées sur nos prochains gros projets », admet-il. Une erreur stratégique pour une franchise aussi emblématique que Total War.
Le studio indique avoir réuni une « petite équipe de développeurs seniors » pour travailler avec Sega et le développeur externe sur les prochaines étapes. Collum demande par ailleurs aux joueurs de ne pas diriger leur colère contre les développeurs de Creative Assembly : « When the team does well, it’s all about them. When we get it wrong, it’s on me. »
Collum rappelle la position officielle du studio : « Nous sommes un studio d’artisans. Nos jeux sont faits par des humains, et nous ne croyons pas en un monde où la technologie remplace la créativité humaine. » Creative Assembly précise ne pas utiliser l’IA générative pour créer des assets de jeu, y compris de l’art généré par IA, et exiger la même chose de ses développeurs externes. Une déclaration qui tranche avec une industrie où l’IA s’impose de plus en plus comme un outil – voire une béquille. Le VP nuance toutefois : « L’IA peut soutenir le créateur, mais ne doit pas le remplacer. »
Reste une question : quels assets ont été générés par IA ? Collum ne le précise pas, et la situation fait l’objet d’une enquête. Selon nous, cette affaire rappelle que, dans la course à la productivité, externaliser, c’est prendre le risque de perdre le contrôle.
Pour aller plus loin, retrouvez nos analyses sur le fiasco du remaster et les réactions des joueurs. Le jeu original, lui, reste une référence incontournable, comme en témoigne notre test sur le Otomo Clan Pack.





