230 000 exemplaires vendus en une semaine. Gears of War: E-Day devait marquer le retour en force de la saga. À la place, c’est un coup de massue pour les fans et un cas d’école pour Xbox.
Le Game Pass est-il en train de tuer les exclusivités qu’il est censé mettre en avant ?
Cinq jours après son accès anticipé, Gears of War: E-Day accumule les chiffres qui fâchent. Selon Rhys Elliott, responsable de l’analyse marketing chez Alinea Analytics, le préquel développé par The Coalition n’a écoulé que 230 000 copies sur l’ensemble des plateformes, selon des estimations non officielles non confirmées par Microsoft. Un score décevant pour un AAA présenté comme le fer de lance des exclusivités Xbox. Pire encore : sur ces ventes, 168 000 proviennent de Steam, laissant seulement 62 000 exemplaires pour les supports Xbox (consoles et PC confondus). Des estimations non officielles, mais qui en disent long sur l’état du marché.
Le coupable se cache derrière l’abonnement Game Pass. Elliott ne prend pas de gants : « Le service cannibalise une grande partie des revenus premium. » Selon Alinea, 1,7 million de joueurs ont accédé à E-Day via l’abonnement (la source évoque aussi près de 2 millions de lancements via le Game Pass). Parmi eux, 722 000 ont tout de même opté pour l’édition Premium à 30 dollars, offrant un accès anticipé. Un paradoxe savoureux : Xbox fait payer ses clients les plus précieux… tout en leur refusant la propriété du jeu.
Le résultat est sans appel : pour chaque copie vendue sur Xbox, près de douze upgrades Premium ont été souscrits. À 70 dollars, le modèle premium semble en voie de disparition sur la plateforme. Les revenus générés par E-Day s’élèvent à environ 37 millions de dollars, dont 27 millions via l’écosystème Xbox. Une somme conséquente, mais qui cache une réalité moins reluisante : comment justifier des budgets colossaux quand les joueurs préfèrent louer plutôt qu’acheter ?
« Xbox a besoin de victoires financières, et E-Day est un jeu sublime – il figure dans mon top 10. Mais ces chiffres sont mous pour un flagship », résume Elliott. Selon ces estimations, les ventes restent en deçà des attentes pour un titre aussi attendu. Une situation qui pose une question cruciale : Gears of War: E-Day est-il un échec isolé ou le symptôme d’un modèle en crise ?
Si le Game Pass a permis à des millions de joueurs de découvrir le titre, il a aussi réduit son impact financier. Les exclusivités first-party ne seraient-elles plus que des produits d’appel pour l’abonnement ? Une chose est sûre : Gears of War: E-Day aura servi de laboratoire grandeur nature. Et les résultats ne sont pas ceux escomptés.
Pour suivre toute l’actualité de Gears of War: E-Day, rendez-vous sur notre page dédiée.















