L’EU Kids Act jeux vidéo, encore en brouillon, ne se contente plus de cibler les MMORPG et les jeux en ligne. Selon Paul Diegel, conseiller politique senior du Parti Pirate européen, le texte actuel englobe tout jeu « connecté à Steam pour des mises à jour », même s’il se joue en solo et hors ligne. Une définition si large qu’elle pourrait transformer Stray en « service en ligne », avec vérification d’âge obligatoire.
Le projet de règlement, dévoilé cette semaine par la Commission européenne, vise officiellement à protéger les mineurs sur les plateformes numériques. Comme nous vous l’expliquions lorsque ce texte risquait déjà de bannir les ados des jeux en ligne, sa portée n’a cessé de s’élargir. Mais sa rédaction actuelle classe comme « jeu en ligne » tout titre distribué via une plateforme permettant « la diffusion d’informations à un nombre indéterminé de destinataires ». Traduction : Steam, l’Epic Games Store et consorts sont dans le collimateur, même si le jeu ne propose ni chat, ni multijoueur, ni contenu généré par les utilisateurs.
Paul Diegel, présent lors d’une conférence de presse de la campagne Stop Killing Games, a lancé l’alerte : « Un jeu solo comme Stray pourrait être concerné, simplement parce qu’il se met à jour via Steam. » Le conseiller pointe une surrégulation absurde, où des titres narratifs ou artistiques se retrouveraient soumis aux mêmes règles que Fortnite. Interrogée par Rock Paper Shotgun, la Commission n’a pas précisé si elle comptait affiner la définition avant l’adoption du texte.
Pour les joueurs européens, les conséquences seraient immédiates : obligation de fournir une pièce d’identité pour accéder à leur bibliothèque Steam, même pour des jeux classés PEGI 12 ou 16. Les éditeurs indépendants, déjà sous pression, craignent un nouveau coup dur. « On va finir par devoir payer un avocat pour sortir un jeu solo », ironise un développeur sous anonymat.
Le texte est encore en discussion, et les lobbies du jeu vidéo, Valve en tête, pourraient pousser pour une exemption des titres hors ligne. En attendant, les joueurs européens ont jusqu’à l’adoption finale pour espérer que Bruxelles fasse la différence entre Civilization VI et Among Us.































