Les ventes de Xbox continuent de reculer, mais le discours de Microsoft reste inchangé. Selon les résultats financiers du premier trimestre de l’exercice 2027 (clos le 30 septembre 2026), le chiffre d’affaires global de la division a reculé de 2 % sur un an. Une baisse moins brutale que les -10 % du trimestre précédent, mais une baisse quand même. Le vrai problème ? Les ventes de matériel, en chute de 14 %, comme le confirment IGN et Eurogamer. Pourtant, Asha Sharma, PDG de Xbox, maintient que la demande dépasse l’offre et que les consoles sont limitées par l’approvisionnement. Un argument qui sonne faux, alors que Game Developer souligne que la Xbox Series X et la Series S ne semblent pas particulièrement difficiles à trouver en magasin.
Microsoft compte sur ses blockbusters pour redresser la barre. Ce trimestre, crucial pour les fêtes, s’annonce chargé : Call of Duty: Modern Warfare 4, Grand Theft Auto VI et World of Warcraft: Forever (dont la bêta a battu des records) devraient doper les revenus. IGN précise que Gears of War: E-Day, sorti début octobre, n’a pas encore été intégré à ces résultats. Une lueur d’espoir ? Peut-être, mais les revenus du Game Pass reculent, et les revenus des jeux tiers reculent aussi. Amy Hood, directrice financière de Microsoft, explique cette baisse par « des déclins dans le contenu tiers et le Game Pass, partiellement compensés par la croissance des titres first-party ».
Derrière ces chiffres se cache une stratégie claire. Sharma a recentré Xbox sur ses franchises phares (Minecraft, Fallout, The Elder Scrolls) et réduit les effectifs – plus de 1 800 licenciements déjà, avec d’autres vagues prévues d’ici juillet 2027. L’objectif ? Améliorer la « marge de responsabilité », que l’on comprend comme une marge bénéficiaire. Satya Nadella, PDG de Microsoft, a salué les performances record de Minecraft et la bêta historique de WoW Forever, mais n’a pas mentionné Gears of War: E-Day lors de l’appel aux investisseurs. Un silence qui en dit long.
Pourquoi les ventes de consoles reculent-elles si la demande est si forte ? Game Developer avance une piste : les hausses de prix répétées, liées à la pénurie mondiale de mémoire, pourraient amener les joueurs à acheter avant de nouvelles hausses. Une hypothèse qui ne suffit pas à masquer l’essoufflement d’une marque autrefois incontournable. Entre restructurations brutales et paris risqués sur des mastodontes comme GTA VI, Xbox joue gros. Et pour l’instant, les chiffres ne sont guère encourageants : la console est en difficulté.













