Akio Ōtsuka est prêt à remettre le bandana de Solid Snake. Mais à une condition : que Konami trouve un terrain d’entente avec Hideo Kojima. Un revirement qui relance tous les débats sur l’avenir de Metal Gear – et qui pourrait bien faire pencher la balance.
Akio Ōtsuka, la voix japonaise de Solid Snake, vient de faire exploser la toile. Après des années à jurer qu’il ne toucherait plus à Metal Gear sans Hideo Kojima, le comédien a changé son fusil d’épaule. Dans un entretien accordé à Bunshun et relayé par IGN, il lâche : « Mon boulot, c’est de faire ce qu’on me demande. Mais Metal Gear, c’est l’œuvre de Kojima, et j’en suis fier. » Avant d’ajouter, avec un rire qui en dit long : « Maintenant que j’ai dit ça, je ne peux plus faire marche arrière. »
Un discours en demi-teinte, mais qui sonne comme un feu vert. Ōtsuka ne ferme plus la porte à un retour, à condition que Konami respecte l’héritage de Kojima. Une position qui contraste avec celle de David Hayter, la voix anglaise de Snake. « Kept you waiting, huh ? » – cette réplique culte, improvisée par Ōtsuka et devenue un running gag mondial, prend aujourd’hui une saveur ironique. Comme si le comédien, après dix ans d’attente, commençait à perdre patience.
Pourquoi ce revirement ? D’abord, la réalité du marché. Kojima, occupé par ses projets chez Sony (Death Stranding et ses suites), n’a plus les mains libres pour un Metal Gear. « Il a surmonté tellement d’épreuves après son départ de Konami… Si Death Stranding avait échoué, il aurait pu finir ruiné », confie Ōtsuka. Une façon de dire que le créateur a tourné la page – et que Konami devrait en faire autant.
Mais à quoi ressemblerait un Metal Gear sans Kojima ? Les avis divergent. Selon VGC, Konami « devrait donner aux fans ce qu’ils veulent » – une formule vague qui laisse planer le doute. GamesRadar souligne l’attachement viscéral d’Ōtsuka à la série, rappelant qu’il a incarné Snake « plus que quiconque ». Une légitimité qui pourrait peser dans la balance. IGN précise toutefois que le comédien refuse toujours de participer à un jeu « sans l’aval de Kojima », même s’il « aimerait en voir un nouveau ». Un casse-tête pour Konami, qui devra soit contourner cette condition, soit négocier avec le créateur – une hypothèse peu probable, vu les tensions passées.
Ōtsuka a aussi partagé une anecdote croustillante sur Metal Gear Solid 4. Lors du tournage de la scène finale, où Solid Snake affronte Big Boss (doublé par Chikao Ōtsuka, son propre père), la surprise fut totale. « Quand je suis arrivé sur le plateau en combinaison de motion capture, mon père a écarquillé les yeux : ‘C’est MOI qui vais te doubler ?’ » Une scène qui résume à elle seule la complexité des liens dans l’univers Metal Gear – entre famille, héritage et politique.
En 2026, Konami se retrouve face à un choix cornélien : relancer la licence avec un Ōtsuka en demi-teinte, ou prendre le risque d’un reboot sans ses icônes. Une chose est sûre : si un nouveau Metal Gear voit le jour, il devra composer avec l’ombre de Kojima. Et avec des fans qui, comme Ōtsuka, attendent toujours leur réponse.
























