La Commission européenne sort l’artillerie lourde contre les devises virtuelles des jeux vidéo. Neuf éditeurs dans le viseur, des amendes records en ligne de mire, et un ultimatum qui tombe en pleine période de fêtes. Le message est clair : cette fois, Bruxelles ne rigole plus.
La Commission européenne et le réseau CPC (Consumer Protection Cooperation) ont officiellement épinglé neuf géants du gaming le 30 septembre 2026. Leur crime ? Des monnaies virtuelles conçues pour brouiller les pistes et pousser à la dépense. Riot Games, Activision Blizzard, Mojang, Supercell et Ubisoft sont dans le collimateur, accusés de pratiques « trompeuses » et de prix réels masqués. Pire : certains jeux exhortent directement les mineurs à faire des achats, malgré une interdiction européenne explicite. Le communiqué conjoint est sans appel : « Les consommateurs à travers l’Europe devraient pouvoir jouer et interagir avec des jeux vidéo sans être trompés pour dépenser plus d’argent ou de temps qu’ils ne le souhaitent. »
Les règles du jeu sont pourtant claires depuis mars 2025. Les Key Principles on in-game virtual currencies imposent sept principes stricts : affichage transparent des prix, interdiction de masquer les coûts, absence de forçage à l’achat de devises en excès, information claire avant l’achat, droit de rétractation sous 14 jours, termes justes et compréhensibles, et protection renforcée des consommateurs vulnérables. Problème ? La plupart des éditeurs ont fait la sourde oreille. « Malgré des discussions approfondies, aucun changement substantiel n’a été apporté », déplore la Commission. Résultat : les sanctions pourraient désormais inclure des amendes proportionnelles au chiffre d’affaires, bien au-delà des simples rappels à l’ordre de 2025.
Prenez Riot Games. Ses Riot Points et autres devises fractionnées transforment l’achat de skins ou de passes de combat en casse-tête financier. Même topo chez Mojang, où les Minecraft Coins permettent d’acheter du contenu sans afficher clairement le prix en euros. « On parle de millions de joueurs mineurs », rappelle un analyste du secteur. « Si Bruxelles durcit le ton, c’est parce que les éditeurs ont préféré jouer la montre plutôt que de réformer leurs systèmes. »
Les éditeurs visés doivent désormais se mettre en conformité avec les principes établis. Une échéance qui tombe en pleine période de fêtes, traditionnellement juteuse pour les microtransactions. Coïncidence ? À vous de juger. Mais une chose est sûre : si les géants du jeu ne jouent pas le jeu, 2027 pourrait bien redessiner le paysage des microtransactions en Europe.
























