EA vient de transformer 400 licenciements en lignes budgétaires. Derrière les communiqués lissés, le quotidien des équipes se dévoile : un climat de secret, des décisions peu expliquées et une pression financière liée à la dette issue du rachat d’EA.
Comme nous vous le révélions lors de l’annonce du plan social, EA a frappé fort : 400 licenciements répartis sur plusieurs studios, et la fermeture de BioWare, studio réputé iconique, dont la plupart des quelque 50 salariés restants ont été licenciés.
Les témoignages recueillis par Vertical Slice décrivent un climat très tendu. Plusieurs salariés affirment avoir été convoqués à un Zoom où le chat était désactivé et les autres participants masqués, et y avoir appris leur licenciement sans pouvoir poser de questions ni dire au revoir à leurs collègues. Une ancienne salariée n’a découvert son départ que via LinkedIn, alors qu’elle travaillait directement avec ses collègues. Un salarié résume : « Vous êtes licencié parce que vous n’êtes qu’un numéro sur une liste. » La direction invoque la « protection de la vie privée » de toute personne concernée ; selon une source, cette pratique vise surtout à isoler les personnes licenciées. Selon les sources, il peut falloir une à deux semaines, voire davantage, pour que les équipes se réorganisent, et plusieurs semaines pour que EA communique la répartition des projets en cours.
Eurogamer résume le moral des équipes dans son titre : « un endroit froid et mort qui pourrit lentement ». Le studio BioWare, longtemps réputé pour ses franchises, n’est plus qu’une ombre de lui-même, et les salariés n’ont pas pu dire adieu à leurs collègues en face-à-face.
Le contexte financier pèse lourd : EA a été rachetée pour 55 milliards de dollars par un consortium d’investisseurs mené par le Public Investment Fund saoudien, et porte désormais une dette d’environ 20 milliards de dollars qu’elle doit rembourser. Selon des sources, la formule « do less, better » (« faire moins, mieux ») revient souvent, alors que les équipes ont l’impression de faire le même travail avec moins de monde. Une source rapporte que la direction s’est montrée très enthousiaste à propos de Claude et de l’IA générative, au grand dam de son équipe.
Les licenciements EA ne sont pas qu’une question de chiffres. C’est une culture d’entreprise qui se fissure, un géant du gaming qui mise sur l’IA et des tableaux Excel. Si les actionnaires sourient, les créateurs, eux, paient l’addition.





