Microsoft vient de frapper un grand coup chez World’s Edge. Le studio derrière la renaissance d’Age of Empires voit près de la moitié de son équipe licenciée et son prochain projet annulé. Un séisme qui secoue toute la stratégie Xbox sous Activision en 2026, et qui pose une question cruciale : quel avenir pour la franchise historique du RTS ?
World’s Edge ne tourne plus rond. Les licenciements sont désormais officiels, confirmés par plusieurs sources, dont Adam Isgreen, ex-directeur créatif du studio. Sur ResetEra et LinkedIn, il annonce le départ de « juste sous la moitié » de l’équipe, dont le sien après 16 ans chez Microsoft. Une saignée qui touche aussi des vétérans comme Andrew Martz, ingénieur senior, qui révèle l’annulation pure et simple du « prochain projet » du studio. Un projet que Polygon et Push Square identifient comme Age of Empires V ou un spin-off majeur.
Les chiffres varient légèrement : IGN et GamesIndustry parlent de « presque la moitié » des effectifs, tandis que Rock Paper Shotgun et Eurogamer évoquent « juste sous la moitié ». Peu importe la nuance, le résultat est le même. Sur les 268 postes supprimés chez Xbox — une vague de coupes dont nous détaillions récemment l’ampleur —, World’s Edge en paie le prix fort. Greg Snook, ancien ingénieur principal licencié après 25 ans de maison, résume l’ambiance sur LinkedIn : « C’était sympa de travailler avec vous n’était pas le message que j’attendais en vacances. »
La transition vers Activision, vendue comme une « opportunité » par Rob Kostich, président d’Activision, prend des allures de pari risqué. World’s Edge, créé en 2019 pour superviser Age of Empires, n’a jamais été un studio de développement classique. Il a toujours collaboré avec des partenaires externes comme Relic Entertainment (AoE IV) ou Forgotten Empires (AoE II: Definitive Edition). Mais avec la moitié de son équipe partie et un projet annulé, qui pilotera les prochains opus ? Un Age of Empires V sous Activision pourrait bien ressembler à un Halo Wars 3 : un spin-off stratégique pour la licence phare du nouvel éditeur, plutôt qu’une suite canonique.
Les réactions des anciens sont amères. Earnest Yuen, développeur historique d’AoE qui a pris sa retraite en juin, souligne l’ironie de la situation : « Je pense à ces artistes, designers, ingénieurs qui ont donné des années de leur vie. Leurs idées, leur passion… Tout ça balayé en un claquement de doigts. » Pendant ce temps, la sortie du DLC Viking Sagas pour AoE II: Definitive Edition, mardi dernier, est passée presque inaperçue. Un symbole : la franchise continue, mais son avenir est désormais incertain.
Reste une lueur d’espoir. Isgreen, malgré son amertume, croit encore en ceux qui restent : « J’espère que l’équipe survivante saura relever le défi. » Un défi de taille, alors que Xbox recentre sa stratégie sur quelques blockbusters – Halo, Fallout, Call of Duty – au détriment des licences secondaires. Age of Empires, malgré son héritage, pourrait bien devenir une variable d’ajustement dans l’équation Activision. Les licenciements chez World’s Edge ne sont pas qu’un simple plan social : c’est un tournant pour toute une franchise.










