Undead Labs claque la porte de Xbox et prend son envol… mais laisse des plumes sur le tarmac. Derrière les discours triomphants, une réalité brutale : des licenciements en cascade, des talents perdus, et un State of Decay 3 qui tangue avant même son décollage.
Undead Labs a officialisé son indépendance vis-à-vis de Microsoft en septembre 2026, après avoir été acquis par Xbox en 2018. Comme nous vous l’expliquions lorsque le studio a annoncé son passage en coopérative, ce divorce s’inscrit dans une vague de restructurations chez Microsoft. Le studio, père de la saga State of Decay, célèbre pour son mélange unique de survie et de gestion de communauté en monde ouvert infesté de zombies, tourne désormais une page majeure. Philip Holt, directeur du studio, parle d’une « opportunité historique » pour « se rapprocher de [sa] communauté » et se recentrer sur « l’essentiel ». Sauf que cette liberté a un coût : des licenciements « significatifs », selon les termes mêmes d’Undead Labs. Un euphémisme qui sonne comme un coup de massue dans un secteur déjà à genoux.
Les détails des suppressions de postes restent flous, mais une chose est sûre : les départs touchent des développeurs ayant travaillé sur State of Decay 3. Eurogamer et Rock Paper Shotgun évoquent des profils « exceptionnellement talentueux », tandis que Game Developer précise que leur travail « reste intégré au jeu et au studio ». Une façon polie de dire que leurs idées sont conservées, mais pas eux. Undead Labs tente de limiter la casse en proposant de mettre en relation les licenciés avec d’autres studios – une initiative louable, mais qui ressemble à un pansement sur une jambe de bois.
Ce n’est pas la première fois que Microsoft lâche un studio en 2026. Double Fine et Compulsion Games ont connu le même sort plus tôt dans l’année, avec des modalités similaires : reprise des IP, du catalogue existant, et un financement de transition. Pour Undead Labs, cela signifie aussi un changement de partenaire éditorial pour State of Decay 3, dont la sortie en day one sur Xbox Game Pass est confirmée. Une lueur d’espoir dans un ciel bien sombre, surtout quand on sait que ces licenciements s’inscrivent dans une vague plus large de suppressions chez Microsoft – 268 emplois rayés de la carte ces dernières semaines, touchant aussi bien Halo que Rare ou Treyarch.
Le paradoxe est cruel : Undead Labs gagne son indépendance, mais au prix d’un affaiblissement structurel. Comment le studio, déjà en sous-effectif chronique, compte-t-il boucler State of Decay 3 sans ces talents évincés ? La question reste en suspens. Une chose est certaine : en 2026, l’indépendance dans le jeu vidéo a un goût de cendre. Et les joueurs, eux, retiennent leur souffle en attendant de voir si leur saga préférée survivra à ce séisme.












