Microsoft a drastiquement réduit Halo Studios à un squelette d’équipe et confié la série à Activision. Une annonce nocturne, un blog Xbox en guise de faire-part, et des employés qui découvrent leur sort par SMS ou en refreshant leur boîte mail. Derrière ce coup de poker, une réalité crue : le studio qui a façonné une génération de FPS était devenu un boulet pour Xbox. Comme nous vous le détaillions au moment des licenciements massifs chez Xbox et du transfert de Halo à Activision, ce séisme s’inscrit dans une restructuration bien plus large.
Les layoffs ont frappé sans prévenir. Certains ont poireauté des heures avant de savoir s’ils étaient virés ou non. Une gestion aussi glaciale que les serveurs de Halo Infinite en 2022. Mais le pire, c’est l’état des projets : zéro jeu en production active, juste quelques dossiers en stand-by. Parmi eux, les remakes de Halo 2 et Halo 3, Halo 7, et des spin-offs. L’un d’eux, inspiré du roman First Strike, devait s’intercaler entre les remakes. Un menu famélique pour un studio qui promettait la lune.
Rebs Gaming, dont les sources chez Halo Studios sont solides, confirme l’impasse : Halo 7 était à des « années-lumière » de sortir. Un aveu qui en dit long sur la gestion du studio, déjà critiquée pour les retards à répétition et les choix hasardeux de Halo Infinite. Aujourd’hui, il ne reste qu’une trentaine d’employés, chargés de maintenir Infinite et Campaign Evolved en vie. Pendant ce temps, Activision monte un nouveau studio dédié à la licence. Un transfert qui sent le désaveu à plein nez, même si Microsoft joue les innocents.
Le bilan est sans appel. Selon les observateurs, Halo Infinite, malgré un lancement chaotique, a su retrouver l’ADN des Bungie et s’est amélioré au fil du temps. Dommage que ce talent soit aujourd’hui dispersé, ou pire, relégué à de la maintenance. Quant aux remakes, leur annulation (ou leur report) pourrait être une bénédiction : Campaign Evolved a prouvé que revisiter le passé n’est pas toujours une partie de plaisir. Reste à voir ce qu’Activision fera de cette licence, entre les mains d’un éditeur plus à l’aise avec les blockbusters qu’avec les paris créatifs.
Une chose est sûre : l’ère Halo Studios est terminée. Place à une nouvelle équipe, un nouveau processus, et peut-être, enfin, un Halo 7 qui ne prendra pas une décennie.




























